Résumé : Accompagnant le phénomène de métropolisation, le Maroc développe depuis quelques années un urbanisme de projet ayant comme principale vision la création de grands projets urbains structurants, pour placer les métropoles marocaines comme entités compétitives à l’échelon international. La capitale administrative Rabat, prise en étau entre la croissance économique et la pression démographique connaît des transformations socio-spatiales et urbanistiques importantes et des mouvements de population sans précédent vers sa périphérie.Cette recherche tente de comprendre les effets socio-spatiaux de la métropolisation dans la ville d’Ain El Aouda, territoire situé à 30 kilomètres de la capitale administrative Rabat au Maroc. Depuis plusieurs années, cette ancienne commune rurale accueille des vagues migratoires de catégories de populations venues d’horizons différents : une population de classe moyenne cherchant des opportunités de logement, des habitants d’anciens bidonvilles de la métropole de Rabat et ceux des communes rurales limitrophes, des retraités recherchant un meilleur cadre de vie.Les configurations socio-spatiales des quartiers objet de cette étude sont disparates, et la coexistence des populations citées plus haut aux trajectoires résidentielles, pratiques culturelles, positions sociales et dispositions socio-économiques diverses pose question. Elles interrogent d’une part ; leurs capacités à coexister, à vivre ensemble et de l’autre à s’approprier et à construire de nouveaux usages socio-spatiaux au sein de leurs quartiers.La thèse part donc d’une comparaison multi située dans 4 quartiers d’Ain El Aouda : Attadamoune, PAM, Amal et Sidi Larbi. Ces quartiers présentent des différences en termes d’histoire résidentielle, de position spatiale dans la ville, de dynamiques de peuplement et de typologie architecturale. S’appuyant sur des méthodologies diversifiées, croisant l’analyse urbaine et architecturale des quartiers, des trajectoires résidentielles, des sociabilités habitantes et des dynamiques d’appropriations de l’espace, la thèse tente d’expliquer les diverses façons de cohabiter et de s’approprier son chez-soi et ses abords en fonction des réalités socio-spatiales des quartiers d’Ain El Aouda.Enfin, cette thèse tente d’éclairer les liens existants ou diffus avec la métropole de Rabat, les projections futures, parfois contrastées des habitants et leurs ancrages actuels vis-à-vis d’Ain El Aouda. Elle ambitionne de porter un regard renouvelé sur des questions encore peu explorées au Maroc : les urbanités périphériques et les manières dont se construit aujourd’hui la vie périurbaine, à partir du cas spécifique d’Ain El Aouda.