par Cappe, Maki
Editeur scientifique Lageira, Jacinto;Hagelstein, Maud;Lavoie, Vincent;Longo, Anna;Sardo, Delfim;Lontrade, Agnès
Référence Expérience esthétique et discours philosophique, quelle légitimité du vécu subjectif ?, Mimesis, Paris, Vol. 1, À l’épreuve de l’art. Expériences esthétiques et attitudes philosophiques, page (149-165)
Publication Publié, 2025-07-20
Partie d'ouvrage collectif
Résumé : Cet article se veut à la fois critique et manifestaire quant à l’intérêt d’une position incarnée du penseur en esthétique et en philosophie de l’art. Construit en trois temps, le premier moment vise à exposer brièvement le paradoxe de l’esthétique : d’un côté, nombre de philosophes ont souligné l’abstraction néfaste des discours esthétiques, manquant de chair, de corps et de sensible ; de l’ autre, aucune de ces critiques ne dépasse véritablement l’abstraction du discours conceptuel pour s’ancrer dans l’expérience et le vécu singulier. Ainsi, la difficile place de la subjectivité sensible dans le discours philosophique peine à être dépassée. Le second moment s’appuie alors sur l’installation comme objet de recherche, et montre qu’une étude sur l’installation requiert une attention à l’expérience, dans la mesure où l’œuvre ne préexiste pas à son activation et n’est révélée qu’au terme d’une expérience vécue dans une certaine durée, selon un parcours arbitraire. Le troisième moment propose dès lors d’ouvrir le discours philosophique à des formes plus intimes d’écriture. En valorisant le récit de l’expérience plutôt que la simple description de l’œuvre, le texte invite à évaluer la pertinence d’une conceptualisation élaborée au cœur de l’expérience, et à assumer les traces de la subjectivité plutôt que de les effacer.