par Duriau, Nicolas
Référence Séminaire Sexualités : un sujet pour l'art et la littérature ? (2025-30-05: Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique, organisé par Lyse Van Campenhoudt et Audrey Lasserre)
Publication Non publié, 2025-05-30
Communication à un colloque
Résumé : [FR] Si l’on en croit Alain Rey, le substantif masculin prostitué, au sens actuel et courant du terme, n’entre dans les dictionnaires qu’au début du XXe siècle. Or, dès le tournant des Lumières, de nombreux personnages de roman – des hommes – « f[ont] commerce de [leur] corps ». Dans cet intervalle de temps, comment les écrivain·es nomment-il·elles la prostitution masculine ? Ont-il·elles « conscience » d’écrire/de décrire un fait social innommé/able ? Le cas échéant, dans quel but esthétique, voire politique, ce phénomène a-t-il été illustré « avant la lettre » ? Cette intervention, qui porte sur le hiatus entre le « mot » (« prostitué ») et la « chose » (la figure), cherche à répondre à ces trois questions en prenant pour exemple deux figures confinant au type de l’« homme entretenu » : Lucien de Rubempré (Illusions perdues, 1837-1843) et Bel-Ami (1885). Célèbres héros romanesques du XIXe siècle, ces personnages – dont le profil, les pratiques et la clientèle permettent d’éclairer différentes facettes d’un phénomène occulté – continuent d’influencer notre imaginaire contemporain (notamment cinématographique) des prostitutions masculines.