par Duriau, Nicolas
;Nizard, Lucie
Référence Études littéraires, Québec, Vol. 54, Ed. 1
Publication Publié, 2025-09-09
;Nizard, LucieRéférence Études littéraires, Québec, Vol. 54, Ed. 1
Publication Publié, 2025-09-09
Direction d'ouvrage
| Résumé : | [FR] Ce dossier se propose d’explorer, du Premier Empire à la Belle Époque, la façon dont le(s) non-dit(s) du genre et de la sexualité participent à la banalisation de l’idéologie de la différence et de la hiérarchie des sexes, tout en ouvrant des espaces de dialogues – ou de “blancs” – où peuvent se déconstruire les identités, les désirs et les pratiques données pour naturelles – ou pour “vraies” – au XIXe siècle. Au détour du texte littéraire, en particulier romanesque, les contributeur·ices (re)lisent l’oeuvre de romancier·ères canoniques (Flaubert, Zola, Sand, etc.), comme d’auteur·ices en voie de redécouverte (Choiseul-Meuse, La Vaudère, Rachilde, etc.), au prisme de problématiques telles que la représentation, plus au moins implicite aux yeux des lecteur·ices contemporain·es, des violences sexistes et sexuelles, des homosexualités ou de l’inceste. Non seulement la conséquence d’une censure morale qui pèse sur la Librairie, mais aussi l’effet d’un travail d’orfèvre, tantôt pour aiguillonner un public averti, tantôt pour mettre en scène – et dénoncer – les silences dont sont victimes les laissé·es-pour-compte de l’ordre sexuel, l’implicitation est un outil stylistique, rhétorique, et narratologique volontiers exploité par les écrivain·es étudié·es. Dans une approche méthodologique qui doit beaucoup à l’analyse du discours, ou à la sociocritique, il s’agit d’éclairer la façon dont le non-dit se fait démarche “poétique” (au sens littéraire autant qu’étymologique, soit de fabrication, mais aussi de démantèlement du langage phallogocentrique) dans le roman du long XIXe siècle. |



