par Van Daele, Raphael
Référence Regards sur la Chine (09-12-2025: Université de Genève)
Publication Non publié, 2025-12-09
Communication à un colloque
Résumé : À partir du début du XXe siècle, la philosophie comparée s’est élaborée comme une discipline visant à comparer les idées philosophiques dans une perspective trans- ou interculturelle. Les débats relatifs aux méthodes comparatistes en philosophie comportent une double dimension : la philosophie de la comparaison, d’une part, et la comparaison des philosophies, d’autre part. Si de nombreux spécialistes font aujourd’hui de la philosophie de la comparaison la tâche fondamentale de la philosophie comparée, estimant que l’entreprise de comparaison des philosophies a déjà fait l’objet de nombreuses contributions, force est de constater que la formulation même de cette seconde dimension comporte un prérequis encore trop peu interrogé. Comparer des philosophies issues d’aires culturelles différentes suppose qu’il y ait effectivement, dans l’histoire intellectuelle de l’une et l’autre des cultures comparées (et indépendamment du concept global de philosophie qui prévaut aujourd’hui), quelque chose comme de la philosophie. C’est ce prérequis que nous entendons interroger. Pour ce faire, nous proposons une étude de cas : à partir d’une mise en perspective de la notion de philosophie telle qu’elle s’est historiquement constituée en Grèce, notamment chez Platon, nous nous demanderons s’il est possible de trouver, en Chine ancienne, un comparatum adéquat. Nous nous tournerons pour cela vers le Zhuangzi 莊子 qui, à sa manière, s’est employé à élaborer un usage spécial du discours.