par Ledent, Maryse 
Président du jury Mayer, Marc
Promoteur Feipel, Véronique
Co-Promoteur Bouland, Catherine
Publication Non publié, 2025-09-03

Président du jury Mayer, Marc

Promoteur Feipel, Véronique

Co-Promoteur Bouland, Catherine

Publication Non publié, 2025-09-03
Thèse de doctorat
| Résumé : | L’intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques (IEI-CEM), ou électrohypersensibilité (EHS), désigne un syndrome dans lequel les personnes rapportent divers symptômes médicalement inexpliqués qu’elles attribuent à leur exposition aux CEM. Aucun lien de causalité avec les CEM n’a cependant pu être établi à ce jour. L’origine des symptômes reste donc incertaine, mais leur impact sur la qualité de vie des personnes concernées peut être considérable, affectant leurs activités sociales et professionnelles. Pour mieux comprendre ce syndrome, une approche multidimensionnelle a été adoptée, combinant un protocole expérimental de provocation et des enquêtes (projets ExpoComm et ENVI-EHS), et une étude observationnelle (projet ExpoHealth-1).Le protocole de provocation a été coconstruit avec des personnes IEI-CEM ou se posant la question de leur sensibilité, dans le but d’en renforcer sa pertinence et son acceptabilité. Vingt-sept volontaires ont complété une première session d’exposition à un cocktail de CEM, en double aveugle, et 26 puis 16 ont participé respectivement à trois sessions pour les analyses collectives et à douze sessions pour les analyses individuelles. Dans ces dernières, aucun lien systématique n’a été observé entre le statut réel d’exposition, la perception de l’exposition et le nombre de symptômes rapportés, à l’exception d’un volontaire présentant une certaine cohérence entre le statut, la perception et les symptômes. En revanche, pour la moitié des volontaires, les symptômes rapportés étaient significativement corrélés à la perception de l’exposition, ce qui soutient l’hypothèse d’un effet nocebo. En complément, les résultats des mesures exploratoires (cognition, comportement, variabilité cardiaque) n’ont pas permis de mettre en évidence d’effets cohérents liés à l’exposition aux CEM dans le cadre de ce protocole coconstruit. Par ailleurs, le questionnaire administré lors de l’inclusion révèle une détresse psychologique marquée, une perception élevée des risques associés aux CEM, ainsi qu’un trait de personnalité hautement sensible, suggérant une possible relation entre ce type de personnalité et l’IEI-CEM. Les enquêtes en ligne ont été menées en 2020 et 2021, regroupant un total de 382 participants. Elles ont permis d’explorer la sensibilité perçue aux CEM, les inquiétudes liées aux technologies modernes (modern health worries), la perception de l’exposition, ainsi que les stratégies d’évitement mises en place. Une plus grande sensibilité perçue était associée à des niveaux accrus d’inquiétude et à une adoption plus fréquente de stratégies d’évitement. Toutefois, ces stratégies s’avèrent peu efficaces car de nombreux participants se sentaient encore fortement exposés malgré leur adoption. Au vu des difficultés sociales et professionnelles vécues par certains individus IEI-CEM, ces résultats interrogent la pertinence des stratégies d’évitement.L’étude observationnelle a mis en évidence un lien entre la sensibilité perçue aux CEM et d’autres sensibilité environnementale. Elle a également montré une concordance entre l’exposition perçue et l’exposition mesurée à l’aide d’enregistreurs personnels. Toutefois, étant donné les faibles niveaux d’exposition mesurés, il serait utile de refaire cette étude afin de confirmer la pertinence de cette observation.Ce travail a permis d’approcher la complexité de l’IEI-CEM, d’apprécier la pertinence et les limites des méthodes utilisées, et de proposer des pistes tant pour la recherche future que pour une prise en charge personnalisée des personnes concernées. |



