par Eyraud, Fiona
Référence Journée Des Doctorant·es de la Faculté des Sciences Psychologiques (March 24th: Brussels (Belgium))
Publication Non publié, 2025-03-24
Communication à un colloque
Résumé : Les violences dans les relations lesbiennes sont souvent minimisées en raison de stéréotypes de genre associant les femmes à la douceur et idéalisant les relations lesbiennes comme des utopies exemptes de violences (Barnes, 2011 ; Eyraud et al., 2024). Ces stéréotypes entravent la reconnaissance, la nomination et la prise en charge des violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. Le contexte sociopolitique, marqué par un climat hostile envers les communautés LGBTI et des débats polarisés sur les violences conjugales — opposant les perspectives de « gender symmetry » aux approches féministes (Watremez, 2005) — amplifie les dilemmes des victimes. Dénoncer les violences expose non seulement au risque de stigmatisation homophobe, mais aussi à leur instrumentalisation pour discréditer les théories féministes. Un premier volet expérimentale de la recherche explore l’impact des stéréotypes de genre sur la perception de gravité, à travers des vignettes manipulant le type de violence et le genre de l’auteur·e. Une analyse qualitative complémentaire, basée sur des focus groups avec des lesbiennes* en Belgique, met en évidence une forte prévalence des violences, leur minimisation systématique et l’absence de services adaptés. Ces conclusions soulignent l’urgence de déconstruire ces stéréotypes et de développer des interventions ciblées, répondant aux besoins spécifiques d’une population sous-étudiée (Lee & Crawford, 2007), malgré des taux de prévalence préoccupants (Badenes-Ribera et al., 2016 ; Brown & Herman, 2015).