par Carotenuto, Cecilia
;Terrando, Lena
;Eyraud, Fiona
;Queré, Mathilde 
Référence Colloque violences entre partenaires intimes : Regards croisés Wallonie-Bruxelles & Québec (April 16th: Brussels (Belgium))
Publication Non publié, 2025-04-16




Référence Colloque violences entre partenaires intimes : Regards croisés Wallonie-Bruxelles & Québec (April 16th: Brussels (Belgium))
Publication Non publié, 2025-04-16
Communication à un colloque
Résumé : | Les violences au sein des relations lesboqueers restent largement occultées. D’un côté, les cadres dominants d’analyse des violences conjugales reposent sur une conception hétérocentrée et binaire du genre, rendant difficile la reconnaissance des dynamiques spécifiques aux relations lesboqueers. De l’autre, les stéréotypes de genre, qui associent les femmes à la douceur et à l’empathie, alimentent l’idée que les relations entre elles seraient exemptes de violences. Ce mythe, parfois désigné comme une forme « d’utopie lesbienne » (Barnes, 2011 ; Eyraud et al., 2024), a des conséquences concrètes : d’un côté, les victimes peuvent éprouver des difficultés à identifier ce qu’elles subissent, de peur de trahir leur communauté ou d’alimenter des discours homophobes ; de l’autre, les institutions d’accompagnement, déjà peu formées aux réalités LGBTQIA+, risquent de minimiser ces situations ou de ne pas proposer de dispositifs adaptés. Notre étude interroge les représentations des violences à travers les discours des personnes lesboqueers elles-mêmes. Nous avons mené trois focus groups réunissant des personnes s’identifiant comme lesbiennes* (N=18) et analysé les données via une analyse thématique réflexive (Braun & Clarke, 2021). Nous explorons les représentations des relations lesboqueers, de la violence conjugale et les tensions entre reconnaissance des violences et crainte de leur instrumentalisation stigmatisante. L’objectif est d’évaluer dans quelle mesure la notion d’« utopie lesbienne » façonne ces perceptions et limite la possibilité de penser la violence dans un contexte sociopolitique hostile. Nos résultats mettent en avant la volonté explicite de visibiliser cette problématique, elles pointent un manque de ressources adaptées et une méconnaissance des structures de soutien existantes. Nos analyses suggèrent également que la question de la visibilisation des violences lesboqueers est perçue comme particulièrement complexe dans un contexte marqué par une hostilité générale envers les LGBTQIA+ et une indifférence spécifique envers les lesbiennes. Les participantes expriment à la fois la nécessité de rendre ces violences visibles et la difficulté de le faire dans un environnement où elles se sentent marginalisées et peu écoutées. Nous nous interrogeons dès lors sur la possibilité que l’utopie lesbienne soit davantage portée par les hétéroféministes (Wittig, 1983), soucieuses d’éviter que la question des violences lesboqueers ne soit récupérée par des discours masculinistes contestant la spécificité des violences de genre.Cela souligne l’urgence de créer des espaces de parole et d’élaborer des dispositifs d’accompagnement spécifiques aux violences entre partenaires (lesbo)queers. En intégrant la parole des personnes concernées, notre recherche contribue à comprendre les représentations et les discours afin d’offrir un soutien adapté à une population sous-étudiée, alors que les taux de prévalence sont préoccupants. |