par Mukala Mayoyo, Erick 
Président du jury Mwembo Tambwe, Albert MTA
Promoteur Coppieters, Yves
;Chenge Mukalenge, Faustin CMF
Publication Non publié, 2025-03-31

Président du jury Mwembo Tambwe, Albert MTA
Promoteur Coppieters, Yves
;Chenge Mukalenge, Faustin CMFPublication Non publié, 2025-03-31
Thèse de doctorat
| Résumé : | Introduction : En République Démocratique du Congo (RDC), le fardeau des troubles mentaux est l’une des dix principales causes de morbidité, mais paradoxalement, il existe des lacunes importantes dans les soins. Pour combler ces lacunes, la stratégie d’intégration des services de santé mentale dans les soins de santé primaires (SSP) est recommandée. À cet effet, une expérience d’intégration des services de santé mentale dans les établissements de soins primaires a été lancée à Lubumbashi, sous le prisme de la recherche-action. Sur base de cette expérience d’intégration et d’autres expériences dans le pays, cette recherche visait à générer des connaissances sur la possibilité et les conditions d’intégration des services de santé mentale dans le système de SSP en RDC.Méthodes : La recherche a été menée principalement dans le district sanitaire de Tshamilemba, mais aussi les districts sanitaires de Mangembo et Lubero. L’approche de recherche à méthodes multiples a été utilisée pour étudier les expériences d’intégration, à travers cinq études. Les expériences qui ont testé la faisabilité du Programme d’action combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) de l’Organisation mondiale de la Santé ont été documentées. La situation initiale à l’intégration de la santé mentale a été évaluée, les facilitateurs et les barrières du système de santé susceptibles de conditionner le succès ou l’échec de l’intégration ont été identifiés, et le mix des services de soins de santé mentale a été déterminé avant l’intégration. En fonction des études, des données quantitatives et qualitatives secondaires et primaires ont été collectées à l’aide de diverses méthodes, notamment l’entretien, la discussion de groupe focalisée, la revue documentaire et le questionnaire. Les analyses qualitatives et quantitatives ont été réalisées à l’aide de NVivo et de SPSS.Résultats : L’analyse situationnelle a révélé des besoins urgents en matière de santé mentale caractérisés par une forte prévalence des problèmes de santé mentale, notamment dans les situations de crise sanitaire ou humanitaire, et de faibles capacités de réponse opérationnelle des districts sanitaires. Avant l’intégration, le mix des services de santé mentale était suboptimal. Malgré de nombreuses barrières liées au système de santé, les facilitateurs liés à ce système ont permis de bien mener le processus d’intégration. L’intégration des services de santé mentale dans le système de SSP a été réalisée avec succès, à la satisfaction des parties prenantes impliquées, bien que le fait que certaines conditions n’aient pas été remplies ait affecté son efficacité clinique. L’accessibilité aux soins de santé mentale a été améliorée, même si environ 50 % de la population continue de parcourir plus de 5 km pour accéder aux services de santé mentale. Le taux de consultations curatives pour les troubles de santé mentale, qui était inconnu au début de tous les programmes, a atteint 14 NC/1 000 habitants/an, en fonction des districts de santé. Toutefois, les attitudes de la stigmatisation liée la santé mentale n’ont que très peu évolué.Conclusion : Les résultats montrent que l’intégration des services de santé mentale dans le système de SSP congolais est possible lorsque le mhGAP est adopté. Ils révèlent que l’efficacité de l’intégration dépend de la satisfaction de certaines conditions. Ces résultats soulignent la nécessité d’une action concertée des acteurs sanitaires et non sanitaires du système de santé pour relever les défis de la santé mentale, et ainsi améliorer l’efficacité et la durabilité de ces expériences dans le contexte congolais et dans des contextes similaires. |
| Introduction: In the Democratic Republic of the Congo (DRC), the burden of mental disorders is one of the ten main causes of morbidity, but paradoxically there are major treatment gaps. To fill these gaps, the strategy of integrating mental health services into primary health care (PHC) is recommended. To this end, an experience of integrating mental health services into primary care facilities has been launched in Lubumbashi, under the prism of action research. Based on this integration experience and other experiences in the country, this research aimed to generate knowledge about the possibility and conditions for integrating mental health services into the PHC system in the DRC.Methods: This research was mainly conducted in the health district of Tshamilemba, and also in the health districts of Mangembo, and Lubero. The multimethod research approach was used to investigate integration experiences in the five studies. Experiences that tested the feasibility of the World Health Organization’s mental health Gap Action Program (mhGAP) were documented. The initial situation for mental health integration was assessed, the health system facilitators and barriers likely to condition the success or failure of integration were identified, and the mix of mental health care services was determined prior to integration. Depending on the study, secondary and primary quantitative and qualitative data were collected using various methods, including interview, focus group discussion, documents review, and questionnaire. Qualitative and quantitative analyses were performed using NVivo and SPSS.Results: The situational analysis revealed urgent mental health needs characterized by a high prevalence of mental health problems, particularly during health or humanitarian crisis situations, and the weak operational response capacities of health districts. Before integration, the mix of mental health services was suboptimal. Despite numerous health system barriers, the health system facilitators enabled the integration process. The integration of mental health services into the PHC system was successfully achieved to the satisfaction of the stakeholders involved, although the fact that certain conditions were not met negatively affected its clinical effectiveness. Accessibility to mental health care has improved, although approximately 50% of the population still travels more than 5 km to access such services. The curative consultations rate for mental health disorders, which was unknown at the start of all programmes, reached 14 NC/1,000 inhabitants/year, depending on the health district. However, attitudes toward mental health-related stigma have changed very little.Conclusion: The results show that the integration of mental health services into the Congolese PHC system is possible when the mhGAP is adopted. The results revealed that the effectiveness of this integration depends on the satisfaction of certain conditions. These results highlight the need for concerted action by health and non-health actors in the health system to meet the challenges of mental health and thus improve the effectiveness and sustainability of these experiences in the Congolese context and in similar contexts. |



