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par Busnel, Romain
Référence Cahiers des amériques latines, 86, page (127-144)
Publication Publié, 2017
Article révisé par les pairs
Résumé : Cette contribution interroge les modalités d’inclusion politique dans le tropique de Cochabamba, région rurale bolivienne productrice de coca, au climat social pacifié depuis l’investiture d’Evo Morales en 2006. Cette inclusion est aujourd’hui conditionnée à l’exercice d’une activité économique, la culture de coca, dont la production est étroitement encadrée par l’organisation syndicale. Ce corporatisme économique est à la fois le fruit de l’héritage de la réforme agraire de 1953 et de la progressive politisation des organisations sociales dans les années 1990, qui ont permis à l’organisation syndicale d’accumuler un ensemble de ressources symboliques, politiques et institutionnelles et de construire une quasi-hégémonie politique dans le tropique. Cette assise territoriale n’est pas sans générer d’importantes frontières politiques à l’inclusion. Elle révèle également les tensions susceptibles d’habiter la relation entre syndicats et État, souvent invisibilisées du fait des controverses toujours tenaces qui alimentent la production de coca.