par Carboni Maestri, Gregorio ;Gonella, Elia;Gatti, Giacomo; [et al.]
Publication Publié, 2019-05
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Résumé : Je me préoccupe de la diffusion et vulgarisation de contenus d’histoire et conception théoriques implexes vers le grand public et le monde estudiantin, démocratisant des contenus parfois cryptés par un langage hermétique et limitées au seul milieu académique. Terrains de partage (congrès, revues scientifiques, débats internes, etc.) fondamentaux pour l’avancement de l’investigation, certes, mais dont l’enfermement en systèmes clos stérilise, hélas, le possible et immense potentiel social. En ce sens, en 2017, une société de production m’a demandé d’être directeur scientifique, auteur et objet principal d’un documentaire sur Palladio. J’ai fait en sorte que le projet évolue vers une forme expérimentale nouvelle : sorte d’article scientifique pour le grand public. Travail duré plus de deux ans permettant de réaliser le premier long métrage documentaire d’histoire d’architecture pour le grand écran. Premier documentaire de niveau scientifique à être sorti, simultanément, en 450 salles de cinéma. Premier à avoir eu un tel succès de public : 5ème au box-office national lors de la projection, dépassant plusieurs blockbusters états-uniens. Traitant, pourtant, de questions enchevêtrées, souvent reléguées aux initiées, ce succès prouve la pertinence de mon objectif culturel. Film qui n’est pas de simple divulgation, mais qui pose thèses, hypothèses et interrogations. Comme, par exemple, la relation entre nouvelles typologies productives et Révolution agricole Vénète (K. Takeuchi, 1968); la relativité des significations politiques des formes construites dans la phase finale de la Renaissance (F. Buttay, 2008); la naissance de ce que j’appelle dans le film la première Modernité et son lien avec les premiers états nation ; leur relation au proto-capitaliste ; le lien architectonique-politique ; la corrélation entre architecture, nation étasunienne et idéalité républicaine Vénète… En toile de fond, le film s’interroge sur la crise que vivent historiographie, pédagogie et doctrines de l’architectonique dans la phase sénile du capitalisme contemporain. Un film qui ne s’inscrit pas dans les grilles bibliographiques académiques. Mais qui est résultat digne de note, ouvrant des contradictions qu’il serait intéressant d’affronter. Un projet qui sera suivi de prochains films sur la Tendenza et Aldo Rossi, Brunelleschi, Filarete, le traité de Sforzinda et la première infrastructure hospitalière moderne. Outre aux 450 sales où il a été projeté en Italie et au succès de public (5e au box-office).