Résumé : RESUME GENERALLa présente thèse avait pour objectif principal de vérifier, dans le cadre particulier de la République Démocratique du Congo (RDC), si certains facteurs de risque et de protection au développement du stress post-traumatique (SPT) décrits dans la littérature scientifique le sont aussi dans le cadre des conflits armés dans l’Est de la RDC. En effet, cette région du pays vit depuis plus de 20 ans des conflits armés récurrents. Trois études empiriques introduites par une revue de littérature ont été menées. Au total 302 personnes âgées de 16 à 76 ans, dont 142 femmes, qui vivaient en Ituri (n = 88), au Nord-Kivu (n = 92) et au Sud-Kivu (n = 122) ont participé à l'étude. La première étude qui avait inclus 120 participants âgés de 17 à 75 ans dont 51 femmes a vérifié l’hypothèse de l’association entre la dissociation péri-traumatique (DP) et le SPT. Elle a plus précisément évalué si la DP prédisait différemment le SPT en fonction du degré d’exposition à l’événement traumatique (ET), du niveau d’éducation et du genre. Au-delà du fait qu’une personne sur trois a présenté des symptômes de dissociation cliniquement significatifs, l’association entre la DP et le SPT a été clairement indiquée. Les personnes agressées physiquement et violées ainsi que les personnes moins instruites ont fait plus souvent recours à la dissociation pendant l’exposition à l’ET comparées aux témoins et aux personnes plus instruites. La DP a prédit différemment le SPT en fonction du niveau d’éducation et du genre. La deuxième étude portant sur la totalité de l’échantillon (N = 302 participants dont 95 militaires) a examiné les influences de la sensibilisation et de la préparation à affronter les traumatismes sur le développement du SPT chez les civils et les militaires exposés aux violences liées aux conflits armés. Les données ont été analysées pour prédire le développement du SPT à partir de la sensibilisation et de la préparation aux traumatismes, en tenant compte de l'exposition à des traumatismes multiples comme facteur de risque. Le rôle médiateur du sentiment d’efficacité personnelle a également été évalué entre les traumatismes multiples et le SPT. Le résultat a mis l'accent sur le rôle de la sensibilisation aux traumatismes comme facteur de risque seulement pour le développement de symptômes d'évitement et a montré le rôle protecteur de la préparation à affronter un ET. Une médiation partielle du sentiment d’efficacité personnelle a été observée pour le score total du SPT, mais aucune médiation du sentiment d’efficacité personnelle n’a été notée dans la relation entre le traumatisme multiple et les symptômes d’évitement. La troisième étude portant sur 161 victimes indirectes et 142 victimes directes avait pour objectif de comparer la vulnérabilité au développement du SPT entre les victimes directes et indirectes des traumatismes liés aux conflits armés. Elle a visé également à vérifier si le genre et la province de résidence interagissaient de manière significative avec le degré d’exposition au traumatisme pour prédire le SPT. Les victimes directes avaient présenté un peu plus de symptômes de SPT que les victimes indirectes mais cette différence n’était pas significative. En considérant seulement les victimes indirectes, les résultats révèlent que les femmes présentaient plus de symptômes d’évitement et de reviviscence que les hommes. En outre les participants victimes indirectes ayant vécu dans la province de l’Ituri ont présenté significativement plus de symptômes de SPT que ceux vivant au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Ces trois études nous ont permis de formuler des recommandations en lien avec les résultats trouvés. Les différentes forces et limites ainsi que les implications cliniques et théoriques de la présente thèse ont aussi été examinées.
ABSTRACTThe main aim of this thesis was to verify, in the particular context of the Democratic Republic of Congo (DRC), whether certain risk and protection factors for the development of posttraumatic stress disorder (PTSD) described in the scientific literature are also relevant in the context of armed conflicts in eastern DRC. Indeed, this region of the country has been experiencing recurrent armed conflicts for more than 20 years. Three empirical studies introduced by a literature review were conducted to try. A total of 302 people including 142 women aged 16 to 76, of whom 88 lived in Ituri, 92 in North Kivu and 122 in South Kivu participated in the study. The first study which included 120 participants, verified the hypothesis of the association between peritraumatic dissociation (PD) and PTSD. Specifically, it assessed whether PD predicted PTSD differently based on the degree of exposure to traumatic event (TE), education, and gender. In addition to the finding that one in three of the participants had high symptoms of PD, results clearly show a link between PD and PTSD. Individuals who had been physically assaulted and raped, as well as the less educated, were more likely to be dissociated during the TE· exposure compared to witnesses and those with a higher level of education. The PD predicted PTSD differently depending on the level of educationThe second study covered the entire sample (N=302 participants including 95 military personnel) considered the particular effects of trauma accumulation around primary, intentional trauma, and thus determined the potential role of the drug in dealing with traumatic event on the development and severity of PTSD. The mediating role of self-efficacy was also assessed between multiple trauma and PTSD. The result emphasized the role of multiple trauma as a risk factor only for the development of avoidance symptoms and showed the protective role of preparation in dealing with trauma. Partial mediation of the feeling of self-efficacy was observed for the total score of SPT, but no mediation of self-efficacy was noted in the relationship between multiple trauma and the avoidance symptom. The third study looked at the influence of the degree of exposure to traumatic event on the development and severity of PTSD. It also aimed to test whether gender and province of residence significantly interacted with the degree of traumatic event exposure to predict PTSD. Direct victim participants (raped and physically assaulted) had slightly more symptoms of PTSD than indirect victims, but this difference was not significant. Considering only the indirect victims, the results reveal that women had more symptoms of avoidance and intrusion than men. In addition, participants who lived in Ituri province had significantly more symptoms of PTSD than those who lived in North-Kivu and South-Kivu.These three studies allow us to formulate recommendations in relation to the found results. The different strengths and limitations as well as the clinical and theoretical implications of this thesis were also examined.Keywords: Post-traumatic stress, armed conflict, risk factors, protective factors, Eastern Democratic Republic of Congo.