Résumé : À partir des années 1980, les politiques urbaines se sont progressivement orientées vers un référentiel de type entrepreneurial donnant priorité à la valorisation compétitive du territoire à l’échelle internationale, à destination de fonctions économiques supérieures, touristes ou grands événements. De façon explicite ou implicite, les gouvernements urbains estiment qu’une croissance ainsi tirée « par le haut » est la condition nécessaire pour résoudre les difficultés sociales auxquelles les grandes villes sont confrontées. Dans cet article, nous montrons, d’une part, que ce modèle entrepreneurial d’action publique ne s’est imposé à Bruxelles qu’au cours des années 2000. Il est surimposé depuis lors à une rationalité politique de « revitalisation » urbaine, en place depuis la fin des années 1980 et centrée sur la promotion de l’attractivité résidentielle du territoire régional vis-à-vis de ses banlieues. Nous insistons d’autre part sur la faiblesse des fondements empiriques de l’hypothèse des retombées sociales positives du développement économique par en haut.