Article révisé par les pairs
Résumé : Cet article aborde la dimension imaginaire de la piétonnisation du centre-ville de Bruxelles depuis le milieu du XXe siècle à travers l’analyse des différentes incarnations de l’imaginaire de lenteur qui se déploient du discursif au non discursif. Il s’intéresse aux dissonances temporelles et spatiales qui apparaissent entre le terrain, le sensible et l’image. Se penchant notamment sur un corpus de film, l’analyse souligne le rôle de l’image dans la définition progressive et l’émergence d’un imaginaire critique. L’imaginaire de la lenteur s’outille et se définit progressivement à travers différentes logiques de ralentissement de la vitesse automobile et d’accélération des mobilités lentes qui apparaissent dans l’aménagement du « semi-piétonnier » de la rue Marché-aux-Herbes. Ces logiques constituent ensemble une grammaire de la lenteur régissant les aménagements et les manières d’être, cherchant à minimiser ou invisibiliser les objets non-congruents et les comportements jugés fautifs.